Qu'est-ce que le charbon actif catalytique ? Son fonctionnement, ses propriétés et ses applications

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Expérience de laboratoire consistant à verser un liquide dans un tube à essai, dans un cadre de recherche scientifique.

Les normes de traitement de l’eau ne cessent de se durcir à travers le monde. Afin de se conformer à des limites plus strictes concernant les sous-produits de désinfection, un nombre croissant de services municipaux ont remplacé leur désinfectant secondaire, le chlore libre, par la chloramine, un composé plus stable de chlore et d’ammoniac. Ce changement a résolu un problème, mais en a créé un autre : la chloramine est bien plus difficile à éliminer au point d'utilisation. Le charbon actif standard, média incontournable dans d'innombrables systèmes de filtration, ne retient la chloramine que lentement et de manière incomplète, ce qui pousse les services publics, les intégrateurs de systèmes et les acheteurs industriels à rechercher un média capable de remplir cette tâche de manière fiable.

Le charbon actif catalytique est une forme de charbon actif à surface modifiée qui allie la capacité d'adsorption du charbon classique à une activité catalytique renforcée, ce qui lui permet de décomposer chimiquement des contaminants tels que la chloramine et le sulfure d'hydrogène en produits finaux inoffensifs, au lieu de se contenter de les retenir à sa surface.

Les sections ci-dessous expliquent ce qui confère à ce matériau ses propriétés catalytiques, comment fonctionne le processus de modification, en quoi il se distingue du charbon actif standard, quels contaminants il élimine, ainsi que comment dimensionner et entretenir un système conçu autour de ce matériau.

Qu'est-ce que le charbon actif catalytique ?

Le charbon actif catalytique est un charbon actif dont la chimie de surface a été modifiée par un procédé gazeux à haute température, ce qui lui confère la capacité d'agir comme un catalyseur qui accélère la décomposition chimique des contaminants cibles, en plus de les adsorber.

Gros plan texturé sur des galets sombres formant un motif abstrait naturel.

Comme tout charbon actif, le charbon catalytique repose sur un squelette de carbone poreux. Un seul gramme peut présenter une surface spécifique interne d’environ 900 à 1 100 mètres carrés, un réseau de micro-, méso- et macropores qui piège les contaminants dissous et gazeux lors du passage de l’eau ou de l’air. Les matières premières telles que la coque de noix de coco, le charbon bitumineux et le bois sont d’abord carbonisées, puis activées à la vapeur ou au dioxyde de carbone afin d’ouvrir ce réseau de pores, selon les mêmes principes fondamentaux qui régissent tous les charbon actif produits.

Ce qui distingue la qualité catalytique, c'est une étape de fabrication supplémentaire qui modifie la structure électronique de la surface du carbone. Cette étape augmente la densité des sites actifs le long des bords des plans basaux graphitiques, là où se produisent les réactions de réduction-oxydation. Il en résulte un média à double fonction. Il continue d’adsorber le chlore libre, les composés responsables du goût et des odeurs, les composés organiques volatils et les sous-produits de désinfection exactement comme le fait le charbon conventionnel, tout en transformant les contaminants difficiles à traiter, tels que la monochloramine et le sulfure d’hydrogène dissous, en chlorure, azote, sulfate et autres espèces inoffensives. Le catalyseur étant la surface du charbon elle-même, il ne s’épuise pas au fur et à mesure de son utilisation, ce qui se traduit par une durée de vie effective plus longue face aux contaminants pour lesquels il a été conçu.

Le charbon catalytique est-il la même chose que le charbon actif catalytique ?

Oui. Le « charbon catalytique » est simplement l'abréviation utilisée dans le secteur pour désigner le « charbon actif catalytique », et ces deux termes sont utilisés de manière interchangeable par les fabricants, les ingénieurs et les professionnels du traitement de l'eau. Ils désignent tous deux le même matériau à surface modifiée, parfois également qualifié de « charbon à surface améliorée » ou de « charbon à haute activité ».

Une précision permet aux acheteurs d'éviter une confusion qui pourrait leur coûter cher. Le charbon actif catalytique n'appartient pas à la même famille de produits que le charbon actif imprégné. Les charbons imprégnés comportent des substances chimiques ajoutées sur leurs surfaces internes afin de cibler des gaz ou des métaux lourds spécifiques, tandis que l'activité catalytique du charbon catalytique provient entièrement de la chimie modifiée de sa surface, sans aucun additif chimique. Pour les projets liés à l'eau potable, cette distinction est importante car elle dissipe toute crainte concernant la lixiviation d'additifs dans l'eau traitée.

Comment fabrique-t-on le charbon actif catalytique ?

Le charbon actif catalytique est initialement un charbon actif classique qui acquiert ses propriétés catalytiques grâce à un traitement à très haute température dans une atmosphère gazeuse contrôlée, ce qui modifie les groupes fonctionnels de sa surface sans ajout de produits chimiques au support.

La production suit les mêmes étapes initiales que celles de tout charbon granulaire haut de gamme. La coque de noix de coco, l’une des matières premières les plus couramment utilisées pour les qualités destinées au traitement de l’eau, est d’abord carbonisée dans un environnement pauvre en oxygène, puis activée à la vapeur à une température comprise entre environ 850 et 1 000 °C. L’activation gazéifie partiellement le charbon et crée le réseau de micropores responsable de la capacité d’adsorption. La dureté, la production de poussière et la résistance à l’abrasion sont en grande partie déterminées à ce stade, ce qui explique pourquoi le choix du matériau de base est un facteur clé pour la qualité ; les grades fabriqués à partir de coques de fruits dures telles que charbon actif à base de coques de noix de coco sont appréciés pour leur faible dégagement de poussière et leur longue durée de vie dans les systèmes de lavage à contre-courant.

Le processus de modification de surface

Après activation, le carbone subit un deuxième traitement thermique, généralement à une température supérieure à 900 °C, dans une atmosphère contrôlée pouvant contenir de la vapeur d'eau, du dioxyde de carbone ou des gaz contenant de l'ammoniac. Des travaux de recherche évalués par des pairs sur modification des matériaux à base de carbone attribue ce gain de performance à deux changements de surface qui se produisent au cours de cette étape :

  • Les groupes fonctionnels acides contenant de l'oxygène présents à la surface sont réduits de manière sélective.
  • Les oxydes de surface de base et les centres actifs situés sur les arêtes prennent le dessus, ce qui modifie le comportement de transfert d'électrons de la surface carbonée.

Ces modifications permettent à la surface de se comporter comme une cellule électrochimique localisée. Elle accepte et cède des électrons lors de réactions d'oxydoréduction avec des molécules contaminantes, tout en restant elle-même chimiquement inchangée. Comme cette modification est intrinsèque à la structure du carbone et ne résulte pas d'un revêtement, la fonction catalytique ne s'estompe pas, ne s'efface pas et ne s'épuise pas avec le temps, contrairement à ce qui peut arriver avec une couche chimique ajoutée.

Ce que n'est pas le charbon catalytique (non imprégné)

Les équipes chargées des achats confondent souvent le charbon catalytique avec les supports chargés chimiquement ; il convient donc de préciser clairement ce qu'il n'est pas :

  • Il n'est pas imprégné. Aucun permanganate de potassium, sel d'argent, composé iodé ou autre réactif n'est déposé à sa surface, contrairement à charbon actif imprégné des produits conçus pour des cibles spécifiques, qu'il s'agisse de gaz ou de liquides.
  • Il n'est ni lavé ni enduit chimiquement pour obtenir son activité. Les sites catalytiques font partie intégrante du carbone lui-même.
  • Il n'est pas défini par l'indice d'iode. Un carbone présentant un indice d'iode très élevé peut tout de même afficher une faible activité catalytique, tandis qu'un carbone de qualité catalytique à indice d'iode modéré peut se montrer plus performant en matière d'élimination des chloramines.

C'est pourquoi les acheteurs devraient évaluer les qualités catalytiques en se basant sur les données de décomposition du peroxyde et sur des essais d'application, plutôt que sur les seuls paramètres d'adsorption.

Comment fonctionne le charbon actif catalytique ?

Le charbon actif catalytique fonctionne selon deux mécanismes simultanés : l'adsorption physique dans son réseau de pores et la catalyse de surface, dans laquelle les sites actifs transfèrent des électrons qui décomposent les molécules de contaminants en produits inoffensifs.

Gros plan sur un scientifique portant des gants et tenant un ballon et un tube à essai dans un laboratoire.

Adsorption et catalyse : le mécanisme redox

Le charbon actif classique élimine le chlore libre et de nombreux composés organiques par simple adsorption. Les molécules de contaminants se fixent sur les parois des pores, et dès que la surface disponible est saturée, la capacité est épuisée et le média doit être remplacé. Le charbon actif catalytique conserve ce premier mécanisme et y ajoute un second. Dans le cas de la monochloramine, l'espèce de chloramine dominante dans l'eau potable, la voie catalytique se déroule en deux étapes à la surface :

  1. NH₂Cl + H₂O + C* → NH₃ + H⁺ + Cl⁻ + CO*
  2. NH₂Cl + CO* → N₂ + 2H⁺ + 2Cl⁻ + H₂O + C*

Ici, C* représente un site catalytiquement actif et CO* un intermédiaire d'oxyde de carbone formé lors de la première étape. Il en résulte que la chloramine est principalement transformée en azote gazeux et en ions chlorure, tous deux inoffensifs aux concentrations en question. Le site actif étant régénéré lors de la deuxième étape, un seul site peut décomposer successivement de nombreuses molécules de chloramine. C'est précisément ce comportement régénératif qui explique pourquoi le charbon catalytique dure bien plus longtemps que le charbon standard lorsque la chloramine est la cible, car le charbon ordinaire épuise rapidement ses sites catalytiques limités situés sur les bords.

La même logique redox s'applique à la chimie du soufre. En présence d'oxygène dissous dans l'eau, la surface favorise l'oxydation du sulfure d'hydrogène dissous en soufre élémentaire et en espèces sulfatées, qui sont ensuite éliminées du lit lors du lavage à contre-courant. Au-delà de l'eau potable, ces propriétés s'appliquent à une famille plus large de applications du carbone catalytique tant pour le traitement en phase liquide que pour celui en phase gazeuse.

Mesure de l'activité catalytique : l'indice de peroxyde

L'indice de référence du secteur en matière de qualité catalytique est l'indice de peroxyde, défini comme le temps, en minutes, nécessaire à un échantillon de carbone pour décomposer une quantité fixe de peroxyde d'hydrogène. Une décomposition plus rapide se traduit par un indice de peroxyde plus faible et une activité catalytique plus élevée, ce qui est directement lié à l'efficacité de l'élimination des chloramines.

Des essais comparatifs mettent en évidence l’écart entre les différentes qualités. Dans des conditions de contact identiques de 10 minutes, un charbon de coque de noix de coco standard décompose environ 20 % d’une solution concentrée de peroxyde, tandis qu’un charbon catalytique modifié dépasse les 95 %. Lors d’essais en colonne alimentés par une solution de chloramine à 3 ppm, le charbon granulaire standard a cédé en environ 10 minutes, tandis que le charbon catalytique a tenu jusqu’à environ 50 minutes sous le même débit, soit un gain de capacité d’environ cinq fois supérieur attribuable à la modification de surface. Les acheteurs sollicitant des devis devraient donc demander aux fournisseurs les données de décomposition du peroxyde en plus des indices d’iode lorsqu’ils évaluent un nouveau fournisseur.

Charbon actif catalytique vs charbon actif standard

Ces deux matériaux présentent la même structure de base et le même comportement d'adsorption, mais le charbon actif catalytique offre en plus une catalyse de surface qui procure un avantage d'un ordre de grandeur sur les chloramines et un avantage manifeste sur le sulfure d'hydrogène, pour un surcoût modeste.

ParamètreCharbon actif standardCharbon actif catalytique
Procédé de fabricationCarbonisation suivie d'une activation à la vapeur ou au CO₂Idem, avec en plus une modification de surface à haute température
Chimie des surfacesMélange d'oxydes acides et basiquesPrédominance des oxydes de base, densité plus élevée de sites actifs
Mécanisme de retraitAdsorption uniquementAdsorption et catalyse
Performances de la chloramineLenteur et lacunes lors des moments de contact pratiquesDécomposition catalytique rapide
EBCT typique pour la chloramine20 à 30 minutes, ce qui est rarement faisable2 à 5 minutes
Élimination du chlore libreExcellentExcellent
Sulfure d'hydrogèneSeulement des traces, l'efficacité diminue rapidementDes concentrations plus élevées en présence d'oxygène dissous
COV et adsorption des composés organiquesExcellentÉquivalent
Additifs chimiquesAucunAucun
Coût relatifValeur de référenceSupplément, reflétant l'étape de traitement supplémentaire

Le tableau explique également pourquoi ce surcoût est généralement justifié. Pour atteindre les mêmes performances catalytiques sur la chloramine, un système à charbon standard nécessiterait un lit de charbon d’une taille démesurée et un temps de contact trop long, ce qui rendrait son utilisation peu pratique ; de plus, il serait tout de même rapidement saturé. Lorsque l’eau ne contient que du chlore libre, un système standard charbon actif granulaire reste la solution la plus économique. Lorsque le flux d’alimentation contient de la chloramine, comme c’est désormais le cas pour une grande partie des approvisionnements municipaux, ou lorsqu’il faut éliminer l’odeur de soufre après l’oxydation, le charbon catalytique constitue généralement l’option la moins coûteuse au total, une fois pris en compte la taille du lit, l’encombrement et la fréquence de remplacement.

Quels sont les contaminants éliminés par le charbon actif catalytique ?

Les paramètres les mieux documentés sont la chloramine, le sulfure d'hydrogène et le chlore libre, ainsi qu'un large éventail de contaminants organiques, notamment les trihalométhanes, les composés organiques volatils, les pesticides et les matières organiques dissoutes.

Élimination du chlore et de la chloramine

La désinfection à la chloramine est aujourd'hui très répandue. Selon le Agence américaine de protection de l'environnement, plus d’un Américain sur cinq consomme de l’eau traitée aux chloramines, une méthode adoptée par les services des eaux car ce composé est plus stable dans les canalisations de distribution et génère moins de sous-produits de désinfection réglementés que le chlore libre. Pour les utilisateurs finaux et les processus en aval, cependant, la chloramine est source de plaintes liées au goût et à l’odeur, ainsi que de risques réels pour les processus. Elle traverse les membranes d’osmose inverse et les médias adoucissants sans être pratiquement réduite, elle ne peut pas être éliminée par ébullition, et elle est dangereuse pour les patients sous dialyse et les poissons, car elle transforme l’hémoglobine dès qu’elle pénètre dans la circulation sanguine via les membranes de dialyse ou le tissu branchial. Le charbon actif standard ne réduit que partiellement la chloramine avant d’être saturé, tandis que le charbon catalytique la transforme en continu, offrant ainsi un meilleur goût et une odeur plus agréable, une protection des membranes d’osmose inverse et des résines échangeuses d’ions, ainsi qu’une exposition réduite aux sous-produits azotés.

Le sulfure d'hydrogène et l'odeur d'œuf pourri

Dans l'eau de puits, le sulfure d'hydrogène dissous produit l'odeur caractéristique d'œuf pourri à des concentrations bien inférieures à 1 mg/L. La meilleure pratique consiste à procéder d'abord à une oxydation, par injection de peroxyde d'hydrogène, d'air ou d'ozone, afin de transformer le sulfure en soufre élémentaire et en composés soufrés oxydés. Le charbon catalytique intervient ensuite comme étape de finition : il adsorbe les gaz résiduels, catalyse l’oxydation résiduelle en présence d’oxygène dissous et libère les produits d’oxydation accumulés lors du lavage à contre-courant. Le charbon standard peut masquer les traces de soufre pendant une courte période, mais sa capacité s’épuise rapidement ; c’est pourquoi les filtres oxydants sont presque toujours associés à un lit de charbon catalytique dans les applications liées au soufre.

Substances organiques et sous-produits de désinfection

Comme les grades catalytiques conservent l'intégralité du réseau microporeux du charbon classique, ils offrent également une forte capacité d'adsorption pour :

  • Les trihalométhanes, dont le chloroforme, se forment lorsque le chlore réagit avec la matière organique naturelle
  • Composés organiques volatils et solvants chlorés
  • Résidus de pesticides et d'herbicides
  • Composés responsables du goût et de l'odeur, tels que la géosmine et le méthylisobornéol
  • Composés organiques dissous favorisant la repousse biologique dans les réseaux de distribution

Caractéristiques techniques et paramètres de qualité

Les acheteurs devraient évaluer le charbon actif catalytique en se basant à la fois sur des indicateurs d'adsorption, des indicateurs catalytiques, des propriétés mécaniques et des certifications relatives à l'eau potable, plutôt que sur un seul chiffre.

ParamètreValeur typique ou fourchettePourquoi est-ce important ?
Indice d'iode900 à 1 100 mg/gIndique le volume des micropores et la capacité d'adsorption globale
Surface interneEntre 1 000 et 1 100 m²/g environEn corrélation avec la cinétique d'adsorption et la capacité d'adsorption des matières organiques
Indice de peroxydePlus la valeur est faible, mieux c'est ; exprimée en minutesIndicateur direct de l'activité catalytique et de l'efficacité des chloramines
Taille des particulesMaillage type : 8 × 30 ou 12 × 40Équilibre entre la perte de charge, la cinétique et le comportement lors du lavage à contre-courant
Dureté à la bille-plaquePlus de 90 %Résistance à l'usure et à la formation de poussière lors du lavage à contre-courant
Teneur en cendresFaibleMoins de composés inorganiques lixiviables et de fines
Humidité5 % ou moins au moment du conditionnementPoids net prévisible du produit à la livraison
Densité apparenteEntre environ 0,45 et 0,55 g/cm³Base de calcul du volume des cuves et des commandes
Conformité aux normesAWWA B604 ; ANSI/NSF 61Confirme la compatibilité avec l'eau potable

La certification mérite une attention particulière. Aucune réglementation fédérale ne s'appliquant directement aux systèmes de traitement résidentiels, ce sont donc des normes volontaires telles que les normes NSF/ANSI 42, 53 et 61 qui définissent les exigences sanitaires, structurelles et esthétiques auxquelles les systèmes et leurs composants doivent satisfaire, car La NSF explique. Avant de passer une commande en gros, demandez la fiche de données de sécurité, les rapports d'essais spécifiques au lot et les données relatives à la décomposition du peroxyde ; dans la mesure du possible, effectuez un essai pilote sur l'eau d'alimentation réelle afin de vérifier le temps de contact et la capacité du système.

Applications du charbon actif catalytique

Ce média s'adresse à trois grands marchés : le traitement de l'eau à usage municipal et résidentiel, le polissage de l'eau de puits, ainsi qu'une gamme de procédés industriels et commerciaux nécessitant un contrôle fiable des chloramines, du chlore ou du soufre.

Un scientifique en blouse blanche examine un échantillon à l'aide d'appareils de laboratoire.

Traitement de l'eau à usage municipal et résidentiel

Au point d’entrée, le charbon catalytique est utilisé dans les réservoirs de lavage à contre-courant destinés à l’ensemble de la maison, qui éliminent la chloramine et le chlore de tous les robinets, tandis qu’au point d’utilisation, il se présente sous forme de cartouches ou de blocs de charbon. Dans le cadre de la protection des équipements, il est placé en amont des membranes d’osmose inverse et de la résine de déionisation, qui subissent toutes deux des dommages oxydants au fil du temps, et constitue une étape de prétraitement standard lorsqu’une eau présentant une faible teneur en oxydants est requise de manière constante. La chloramine représentant un défi dans traitement de l'eau potable À l'échelle mondiale, la spécification d'une qualité catalytique constitue le moyen le plus simple de garantir la pérennité d'une conception face à un éventuel changement de désinfectant par les services publics.

Traitement d'achèvement de l'eau de puits

Les puits privés associent généralement une étape d'oxydation à un lit de charbon actif. Une fois que le peroxyde, l'injection d'air ou le traitement à l'ozone ont transformé le sulfure d'hydrogène et précipité le fer, le charbon catalytique constitue la barrière finale qui élimine les particules de soufre oxydées, l'oxydant résiduel et les composés organiques à l'origine des problèmes de goût persistants. Sa grande dureté et sa faible production de poussière conviennent aux lavages à contre-courant fréquents exigés par ces cycles de fonctionnement, et sa surface catalytique achève le travail commencé par l’oxydation.

Utilisations industrielles et commerciales

Les industries de transformation ont recours au charbon catalytique dès lors que des résidus de désinfectants ou des composés soufrés menacent la qualité des produits ou les équipements :

  • L'aquaculture et les écloseries, où la chloramine est toxique pour les poissons, même à de faibles concentrations
  • Usines agroalimentaires ayant besoin d'eau de process déchlorée avant le mélange des ingrédients
  • Épuration du biogaz, où il est nécessaire d'éliminer le sulfure d'hydrogène du gaz de digestion afin de protéger les moteurs, les chaudières et les canalisations
  • Traitement des eaux usées polissage, qui consiste à éliminer les résidus organiques et à réduire la couleur avant le rejet ou la réutilisation
  • Bâtiments commerciaux et laboratoires nécessitant une eau d'alimentation stable et à faible teneur en oxydants

Dans chaque cas, l'argument économique est le même : la surface catalytique permet de réaliser des réactions chimiques qu'un adsorbant ordinaire ne peut pas effectuer ; ainsi, la réduction de la taille des lits et l'allongement des intervalles de remplacement compensent le prix unitaire plus élevé.

Dimensionnement, installation et entretien

Les performances dépendent moins du média lui-même que du fait de lui accorder un temps de contact suffisant, de maintenir le lit propre grâce au lavage à contre-courant et de remplacer le média en fonction des résultats d'analyse de la qualité de l'eau plutôt que selon un calendrier fixe.

Temps de contact et dimensionnement des lits

Le temps de contact, généralement exprimé en temps de contact dans le lit vide (EBCT), est la variable de conception la plus importante. La décomposition catalytique des chloramines permet généralement d'atteindre les réductions visées avec un EBCT de 2 à 5 minutes, tandis qu'un filtre à charbon standard chargé de la même tâche peut nécessiter 20 à 30 minutes, ce qu'aucun réservoir résidentiel pratique ne peut fournir. Le dimensionnement doit suivre une séquence simple :

  1. Déterminez la demande horaire maximale, et pas seulement le débit journalier moyen.
  2. Choisissez la configuration EBCT adaptée au contaminant principal, la chloramine étant généralement le facteur déterminant.
  3. Calculez le volume de milieu nécessaire en multipliant le débit maximal par l'EBCT.
  4. Vérifiez la perte de charge en fonction de la taille des particules choisie et réglez le récipient, et non le temps de contact.

Les lits de filtration trop petits laissent passer la chloramine pendant les pics du matin et du soir, même lorsque le matériau filtrant est neuf ; résistez donc à la tentation de réduire la taille du réservoir pour diminuer le coût initial.

Rétrolavage et durée de vie

Le lavage à contre-courant périodique aère et remeuble le lit, libère les solides piégés, empêche la formation de canaux et élimine les produits d’oxydation issus du traitement du soufre. Dans les installations résidentielles correctement dimensionnées, le charbon catalytique a généralement une durée de vie de 5 à 10 ans avant de devoir être remplacé, bien que des charges importantes de chloramine ou de matières organiques raccourcissent considérablement cet intervalle. Remplacez le média lorsque le goût ou l’odeur réapparaissent, lorsque la présence de chloramine ou de THM est confirmée par des analyses, ou lorsque le lavage à contre-courant ne permet plus de rétablir la pression et le débit. Le média non utilisé se conserve pendant des années dans un emballage hermétique et sec ; vous pouvez donc commander des stocks de réserve en toute confiance.

Foire aux questions

Le charbon actif catalytique peut-il être régénéré ou réutilisé ?

Une réactivation thermique à grande échelle peut restaurer une grande partie de la capacité d'adsorption du charbon usagé, mais la chimie de surface fine qui confère l'activité catalytique est difficile à récupérer intégralement, et le matériau réactivé atteint rarement les performances du charbon catalytique vierge en matière de traitement des chloramines. Pour la plupart des systèmes de traitement de l’eau, le remplacement des médias selon un calendrier préétabli est plus prévisible et plus économique. Les très grands utilisateurs industriels procèdent parfois à une réactivation par lots hors site lorsque la logistique et les volumes le justifient, mais le charbon récupéré doit faire l’objet d’un nouveau test d’activité peroxydique avant d’être remis en service.

Le charbon catalytique élimine-t-il la dureté, le TDS ou les minéraux dissous ?

Non. Le charbon actif catalytique est un média ciblant les oxydants, la chloramine, les composés soufrés et les substances organiques. Les contaminants ioniques dissous, tels que le calcium, le magnésium, le sodium, le chlorure, le nitrate et le fluorure, le traversent pratiquement sans subir de modification ; la dureté et la teneur totale en solides dissous restent donc inchangées. Les projets nécessitant ces réductions doivent associer le charbon catalytique à un adoucisseur pour la dureté ou à un système d’osmose inverse pour les solides dissous, en utilisant d’abord l’étage de charbon afin de protéger les équipements en aval.

Le charbon catalytique doit-il être installé avant ou après un adoucisseur d'eau ou un système d'osmose inverse ?

Installez-le avant les deux. Le chlore libre et la chloramine s’oxydent et dégradent la résine échangeuse d’ions au fil du temps, et ils réduisent la durée de vie des membranes d’osmose inverse ; ainsi, un étage de charbon catalytique placé en amont de l’adoucisseur ou de l’unité d’osmose inverse prolonge la durée de vie de l’ensemble du circuit. Cet ordre d'installation améliore également la qualité de l'eau au niveau de l'équipement lui-même, car le charbon élimine le goût, l'odeur et les contaminants organiques que l'adoucisseur et la membrane ne sont pas conçus pour traiter.

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